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 LES ETHNIES          
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Du point de vue de l'organisation administrative, le Myanmar est une République Fédérale, avec sept "divisions" : Sagaing, Mandalay, Magwe, Irrawady, Rangoon, Tenasserim.

Et sept Etats, de peuplement majoritairement non birman : Arakhan, Chan, Chin, Kachin, Kayah, Karen, Môn.

L'unité nationale du pays s'est réalisée avec quelques difficultés. L'Indépendance avait été proclamée avec le gouvernement U NU le 4 Janvier 1948. Et dès le début il dut faire face à la rébellion Karen qui le plus souvent chrétiens ne reconnaissaient pas cette autonomie birmane. U Nu fut confronté à beaucoup de problèmes induit par le fédéralisme. Il fit donc appel au chef de l'armée le général Ne Win, qui avait joué un rôle important dans la résistance et qui sut donc maintenir l'unité du pays. Ce dernier instaura un régime militaire provisoire jusqu'aux élections de 1960, élections gagnées par U Nu qui revint donc au pouvoir en Avril 1960.
L'objectif d'U Nu de faire du bouddhisme une religion d'Etat, se heurta à une farouche résistance tant de l'armée que des minorités actives, indiennes, hindoues et musulmanes. L'Union birmane était alors menacée d'éclatement et c'est le moment que choisit le général Ne Win pour passer à l'action et installer le 2 Mars 1962 un régime militaire qui prit en mains le destin de l'Union birmane jusqu'à aujourd'hui.
Cette unité du pays, mal réalisée ou imposée est une des clés pour comprendre le Myanmar de l'an 2000.

Les birmans proprement dits, dont la langue fait partie du groupe "tibéto-birman" représentent 80% de la population. Ils sont bouddhistes et pratiquent le Theravada, le bouddhisme originel (Hinayana).

 

LA DIVISION ADMINISTRATIVE (les Etats des minorités ethniques) :

 
Les Etats
Superficie
Nb de villes

.

Population
Minorités
ARAKHAN
36 905 km2
17
fem palaung
2 566 000 h

Les arakhanese, bamars, chin, Mro, Khmai, Dine-net (sur les collines)

SHAN
156 342 km2
54
4 557 000 h
Les Shan, Bamar, Danu, Taungyo, Intha, Palaung, Pa-O, Lisu, Kachin, Kokant, Wa (Lweia) Ikaw, Lahu, Akhea...

LE TRIANGLE D'OR

 

CHIN
36 141 km2
9
fem lisu
451 000 h

27 tribus recencées au Nord, les Tiddim, Falam, et Haka ; 12 tribus au sud, les Mindat, Kanpetlet et Matupi et les 8 tribus à l'Ouest les Paletwa, les Daletmay.

KACHIN
39 350 km2
18
fem jingpaw
179 000 h

Les Jingphaw, les Rawang, les lisu, les Maru, les Azi; il y a aussi quelques tibétains et shan.

KAYAH
11 770 km2
7
fem akkea
240 OOO h

Les Kayah, les Kayam (Padaung) Kanang, Kayaw, Manu, Manaw, gheba, gheko

KAYIN
30 346 km2
7
fem karen
1 376 000 h

Les Kayins (karens) quelques Mons, Bamars, et Shans

MON
12 337 km2
10
village akka
2 284 000 h

Les Mons et les Bamars; quelques Kaiyin, et Shan

 

CHIN

36 141 km2
3

.

Les Chins dont la capitale est Mindat

 

NAGA

11 241 km2
2

.

Naga; cousins germains des Nagas du Nagaland indien, ils vivent dans les montagnes entre Khamti et Lahe

 

LES ETHNIES :

LES MON :

Réduits aujourd'hui au statut de minorité ethnique en Birmanie, les Môn qui seraient environ 1 million de personnes en Birmanie et environ 100 000 en Thailande sont un peuple très ancien, ayant joué historiquement un rôle très important dans les échanges Chine/Occident qui transitaient par le Sud.

Outre leur rôle de commerçants les Môns furent les véhicules d'une culture bouddhique et les conservateurs de celle-ci.

La langue môn fait partie de la famille des langues môn-khmer et qui est parlée par des tribus de l'Inde du Nord-Est jusqu'au sud de la Chine. Les écritures môn et khmer sont parmies les plus anciennes connues en Asie du Sud-est.

Cette civilisation nous est connue à partir du Ve-VIe siècle de notre ère grâce à quelques épigraphes en langue môn retrouvés. Il est probable que la civilisation môn s'est prolongée jusqu'au Xe siècle pratiquant la culture du riz inondé et l'architecture en briques. Elle va disparaître sous les coups de boutoirs des royaumes khmers et thai voisins notamment à partir de ces derniers à partir de leur royaume du Nord-Est, le Lanna.

Quelques principautés ont subsistées au sud de la Birmanie et ont produit une statuaire, une langue et une architecture originale.

La renaissance môn apparaîtra au milieu du XIe siècle à Bagan où la légende veut que le roi fondateur, Anawratha aurait vaincu le roi des Môn et importé force main d'œuvre à Bagan pour y construire son royaume fortement inspiré de la culture môn.Mais après un siècle d'influence le Bagan môn va disparaître au profit du Bagan birman.

La culture môn rejaillera à Bago (Pegu) Moattama (Martaban) et Bassein (Pathein) à la fin du XVIIIe siècle. Grande période d'échanges avec la Chine, la Thailande, l'Inde, l'Indonésie. Le port de Martaban (aujourd'hui Moattama) grande centre cosmopolite verra les premiers portugais s'y installer

L'ART MON :

C'est probablement dans le domaine culturel que l'on peut mieux approcher cette grande civilisation encore méconnue et qui a certainement joué un rôle plus important dans l'histoire de l'Asie du Sud-est et aussi du Bouddhisme.

Si les Môn se sont inspirés de l'Inde, leur art bouddhique a connu de nombreuses modifications, créations qu'ils ont ensuite transmis à leurs voisins. Le Bouddha asexué môn par exemple que l'on trouve dans toute l'Asie est probablement une création de la culture môn. Il en est de même pour le bouddha assis prenant la terre à témoin. Cet art se caractérise par une volonté de simplification des modèles indiens (palawa, post-gupta, pala) mais quelquefois à l'inverse il évolue vers des outrances.

Outre la statuaire et l'architecture brillante on peut aussi parler d'une littérature môn exceptionnelle. Nombreux ouvrages, de poèmes, de textes de lois, de traités de médecine, d'astrologie, de grammaire font de la littérature môn un pilier de cette civilisation et qui a eut une influence sur toutes les cultures voisines.

LE BOUDDHISME MON :

Il est probable dans l'état de nos connaissances aujourd'hui d'affirmer que le bouddhisme môn est différent du modèle connu dans toute l'Asie du Sud-Est, le bouddhisme du Mahavihara de Ceylan. (sous sa forme actuel du Hinayana). Ce courant bouddhiste véhiculé par les môn depuis toujours est bien un courant du bouddhisme du petit véhicule mais en langue sanskrite et probablement dans la mouvance d'une secte indienne les Sarvastivadin. Les nombreux conciles, et débats qui eurent lieu à ces époques relevaient donc de luttes pour la suprématie. La culture môn est encore à découvrir et éclairera d'un jour nouveau l'histoire de l'Asie du Sud-est.

l'album photos du Myanmar
 

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LES CHAN :

Les Chan sont des Thai cousins de leur voisins du Siam qui pratiquent aussi le bouddhisme Theravada, et qui dominent un Etat où vivent de nombreuses minorités montagnardes comme les Palaung (femmes girafes-catholiques) ou les Wa qui occupent le Triangle d'Or. Une des plus forte population ethnique (3 800 000) répartie principalement en Birmanie, mais aussi dans le Yunnan chinois et le Nord de la Thailande voisines. C'est un peuple des hauts plateaux (compris entre 500m et 1500 m d'altitude). On date les premiers royaumes Chan du XIIIe siècle. Leur langue est issue du thai avec des dialectes voisins (birman, pali). L'économie de cette région comme pour le reste du Myanmar est basée sur la riziculture. Champs dans les plaines et coteaux aménagés en terrasses. Culture du thé, du café, de l'arachide, du maïs et d'arbres fruitiers.
Chez les Chan intha la pêche sur le lac inle et la culture des jardins aquatiques est une ressource importante.
Dans le Triangle d'Or, les Wa cultivent le pavot malgré son interdiction en 1923. Les relations des Chans avec leurs voisins, sont surtout des relations avec les chinois du Yunnan. Des artisans chinois descendent pendant l'hiver en pays shan et reviennent au Yunnan pour la saison chaude. Dans le même mouvement des shans se rendent au Yunnan et deviennent des marchands.

LES KACHIN :

La constitution birmane de 1947 a fait de l'Etat Kachin une unité semi-autonome dans l'Union fédérale birmane. Les Kachins sont des montagnards qui occupent l'Extrême Nord de la Haute Birmanie. Ils sont de langue tibéto-birmane, mais ils n'ont pas subi l'influence indienne : ils sont animistes ou chrétiens.

Les Kachins se différencient par les diverses langues tibéto-birmanes qu'ils parlent; on distingue ainsi les Jingphaw (Chingpaw, Singpho), les Atsi, les Maru, les Lashi, les Nung et les Lisu(Yawsin).

Une partie de la technologie Kachin possède un caractère indonésien. Leurs techniques de tissage, la culture du riz, ainsi que des ustensiles domestiques se retrouvent en Assam, en Indochine, sur les collines du Sichuan, de Taiwan, des Philippines, de Bornéo et d'une grande partie de l'Indonésie.

Dans de nombreux villages Kachin on parle le jingphaw. La société kachin est basée sur 2 concepts clés : le gumsa; le gumlao.

Ces deux concepts sont très différents. Le Gumsa implique une organisation sociale de type aristocratique avec à sa tête un prince de sang le Duwa qui porte le titre de Zan.

Le Gumlao est une forme égalitaire qui ne comporte ni classes, ni chef et aboutit à l'organisation de petites entités politiques autonomes. Ce peuple outre une langue commune, a construit le même type d'habitat, cultive la terre de la même manière, s'habille de façon identique, et s'adonne aux mêmes pratiques religieuses. Leur histoire, leurs traditions, tout concoure à faire l'unité de ce peuple.La double influence contradictoire du Gumsa et du Gumlao donne des fonctionnaires ambitieux et respectueux du pouvoir, ou des révolutionnaires qui nient tout en bloc. Le pouvoir Kachin négocie en permanence avec l'actuel pouvoir birman.

LES KAREN :

Les Karen (2 000 000) sont aussi des montagnards, animistes et partiellement christianisés. Ils habitent les régions frontières de la Thaïlande septentrionale, mais aussi dans le delta de l'Irrawaddy regroupés en villages "chrétiens". Sur les 2-2,5 millions de Karens, il y en a seulement la moitié qui habite l'Etat Karen définit par la constitution birmane de 1948. Il existe plusieurs groupes de Karen : les Sgau et les Pwo, les Karens blancs établis dans la plaine. Les Bwe ou Karens rouges qui habitent la montagne. Aucune véritable cohésion culturelle, ou sociale. La religion chrétienne introduite au début du XIXe siècle n'a véritablement pris que dans les villages du delta (chez les Karens blancs). Ailleurs c'est l'animisme qui domine.

L'activité économique est essentiellement la culture du riz. Compte tenu des dangers d'une monoculture ils ont entrepris de cultiver du sésame et de produire des oranges. Ils excellent également dans la conduite des éléphants et travaillent dans les forêts pour transporter le bois.

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