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 L'Art millénaire de la laque
Si les laques sont devenues l'un des objets les plus populaires et les plus connus de l'Asie, on connaît encore mal les origines de cet art qui a produit des objets exceptionnels. La laque prend ses racines en Chine il y a quelques trois mille ans, et s'est développée ensuite dans toute l'Asie du sud-Est.
En Birmanie l'arbre dont on prélève la résine est le Thit-si - (en Chine c'est un arbre différent, le Rhus vernicifera). Ces arbres poussent naturellement en forêts entières presque dans toute la Birmanie en légère altitude. On prélève la résine, un peu comme on le fait avec le latex sur les hévéas, par des entailles à la base du tronc sur lequel on fixe de petits bols en bambou. La sève du laquier a une très forte qualité adhésive et un brillant magnifique. Elle possède de nombreuses qualités comme de rendre imperméables les objets qu'elle recouvre. Elle adhère sur de nombreuses surfaces, bambou, bois, feuilles de palmier, métal, cuir. Elle résiste aux insectes et garde en toutes occasions sa flexibilité. A côté de ses grandes qualités la laque possède aussi quelques défauts comme le fait qu'il soit impossible de la réparer lorsqu'elle se casse.


La Fabrication : En Birmanie, les origines de la laque semble venir de Bagan (12/13e siècle).L'une des laques les plus anciennes fut en effet découverte dans la pagode Mingalazedi, l'une des dernières construites à Bagan (au 13e siècle). Toujours est-il que c'est à Bagan que la fabrication des laques a acquis ses lettres de noblesse. La matière première utilisée pour fabriquer les objets est le bambou.


Un bambou qui à Bagan vient des forêts de l'Etat Chin et qui est transporté par bateau jusqu'à Bagan

Le bambou est ensuite découpé, assoupli, travaillé pour lui donner la forme de l'objet voulu : bols, plats, vases, coupes, plateaux, boîtes diverses (la plus célèbre étant la boîte à bétel). L'artisan dresse le bambou sur des formes. Dans certains cas on utilise aussi le crin de cheval.

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Le Laquage :
On procède au premier laquage l'intérieur est recouvert de " Thayo " une pâte faite de résine de laque et de cendres mélangées. Ce travail est en général effectué à la main (ou avec des gants très fins). Le nombre de fois où l'on enduira l'objet de couches détermine la qualité de la laque (compter sept fois pour une belle laque).


Les couches de laque sont enduites à la main pour en garantir la finesse, mais aussi la régularité. Il va de soi que les artisans qui exécutent ce travail sont très expérimentés, et qu'ils pratiquent souvent cette technique depuis des générations et des générations (Ce sont souvent des familles à Bagan qui se transmettent ce savoir-faire)

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Le séchage :
Quand une application est faite sur le moule en bambou, on doit ensuite le sécher dans un endroit obscur et humide. La durée de séchage est d'environ une semaine. Tous les ateliers de laque ont ainsi des endroits correspondant aux qualités requises où ils stockent les laques en fabrication.


On en déduit que les mois de la saison sèche ne sont pas de bons mois pour fabriquer les laques, car l'humidité n'est pas suffisante.

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Le lavage :

Une fois le séchage terminé, les laques sont soigneusement lavées et poncées si des aspérités se sont formées au séchage. Cette étape est importante pour la qualité de la future laque

Ce lavage-ponçage s'effectue quelque fois avec du charbon de bois, issu d'arbres très répandus en Birmanie comme le tek.

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Le polissage :
Après un premier séchage, on ponce soigneusement l'objet, on le lave, puis on repasse (toujours à la main ou avec un fin pinceau) la seconde couche et l'on retourne au séchage. Au fur et à mesure que l'on repasse des couches, le mélange est de plus en plus fin ; on utilise de la cendre d'os de bœuf. Quand la couche nouvelle a été bien étalée, avec un fin tissu on efface les éventuelles traces de doigts, puisque toute la téchnique d'épandage de la laque est faite à la main.

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Les 7 couches du laquage :

L'objet fait donc plusieurs aller et retour avec l'entrepôt de séchage. A chaque fois il reçoit donc une nouvelle couche de laque.

C'est seulement sur la dernière couche que l'on colore (en rouge ou en vert ou en jaune) . La couleur est obtenue en ajoutant de la poudre de cinnabar de mercure à la laque. Ce mélange s'appelle le Hinthabada et les birmans l'importent de Chine.



Comme ce mélange est très coûteux, on lui préfère aussi quelquefois la peinture ou d'autres colorants végétaux.

Après le dernier séchage, le 7ème ou le 8ème, la laque est à nouveau poncée avec de la cendre de bois de tek, puis lavée soigneusement et elle va ensuite être décorée.

A noter que des ersatz de laque sont vendues au pied des temples à des prix "cassés". Mais attention il ne s'agit pas de véritables laques...

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La décoration :
L
a gravure se fait à mains libres, sans modèle, entièrement de mémoire, directement à mains nues, à l'aide d'un stylet et d'un pinceau. Toutes sortes de motifs décorent les objets de vaisselle, les peintures des temples de Bagan, les peintures du 19e siècle de la dynastie Konbaung et aussi de nombreux motifs géométriques.
La laque est inaltérable, et les objets en laque peuvent conserver toute leur beauté pendant des années. Ne sont pas laqués seulement les petits objets, ustensiles de vaisselle, ou autre objets de culte, mais aussi des meubles, des armoires, des tables, de grands objets décoratifs, des instruments de musique, des jarres etc…



Le processus terminé, les pièces passent au magasin pour la vente directe aux clients venus du monde entier, et qui n'ont que l'embarras du choix, si ce n'est la limitation de l'encombrement des pièces pour leur retour en avion...

Tous ces décorateurs sont autant d'artistes anonymes, plein de talent.



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