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En guise d'introduction à cette histoire de Bagan, signalons que nous avons pris le parti d'un texte le plus court et le plus vivant possible. Il ne s'agit pas là évidemment d'un travail d'exégèse. Internet n'aime pas trop les textes bavards, lui préfère souvent les images et l'information brute. Il nous a paru quand même nécessaire d'avoir ces quelques lignes. Que savons nous de Bagan : rien ou presque rien d'écrit, des légendes, une tradition, et si ce n'était les quelques centaines d'édifices qui demeurent sur le site et qui nous interpellent, Bagan serait passé dans l'oubli. Et pourtant du 11e au 13 siècle, le royaume de Bagan a été à la tête d'un Empire et nous a laissé parmi les plus importants témoignages de l'histoire médiévale de l'Asie du Sud-Est. Bagan est d'abord un formidable sanctuaire bouddhiste, et tout ce que ce site explore et décrit, c'est d'abord une ferveur religieuse à nulle autre pareil (si ce n'est le temps des cathédrales en France). |
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LA GENESE
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Bien sur ce roi puissant on
le sait par certaines inscriptions sera Anawrattha
(le constructeur de Shwezigon); il édifiera
son |
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LE DEVELOPPEMENT D'UN EMPIRE
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Avec Anawrattha , le roi
fondateur, le royaume de Bagan se dote d'une puissante
armée, basée sur la cavalerie et aussi sur
l'éléphanterie. Le fleuve leur permet
également grace à des milliers de bateaux de
se déplacer très rapidement vers les terres
colonisées... |
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Mais ce roi ne s'arrêta pas là dans sa quête religieuse, poussé problement par un clergé autour de Shin arahan qui voyait son pouvoir grandir. Il développa ses liens avec le Sri Lanka dont il ramena une copie de la dent sacrée du Bouddha pour l'enchasser dans la pagode Shwezigon. On peut dire que dès lors, l'histoire glorieuse, l'âge d'or de Bagan n'allait plus s'arrêter pendant deux siècles, une histoire faite comme beaucoup de ces royaumes d'intrigues de pouvoir et de cour, mais où il était plus important que tout de construire de son vivant une ou plusieurs oeuvres méritoires (dans le bouddhisme tous les mérites accumulés de son vivant influencent la réincarnation), ces temples, pagodes de plus en plus imposants, de plus en plus en plus élégants, que nous admirons encore aujourd'hui. La ville où se massait la population, la ville fortifiée n'était pas au milieu des temples que nous visitons aujourd'hui. Les habitants étaient massés le long de l'Irrawady, des maisons en bois et en bambous dont il ne reste plus rien aujourd'hui. En fait et ce n'est pas évident, Bagan était d'abord un grand port où toutes sortes de bateaux pouvaient accoster. Des bassins en eaux profondes avaient été construits, des chemins de halage existaient partout, des petites rivières sillonnaient le site. Au sud à Lokananda, c'était sans doute le port international construit à l'indienne (type Mahabalipuram), au Nord le port de Wetkyi-in recevait les bateaux venus du Nord du royaume. On pense que la cité royale elle-même entourée de murailles et de douves possédait deux ports dont l'un servait uniquement aux barges royales qui partaient du palais, pour l'Irrawady directement. |
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Mais les ports
abandonnés après la fuite du roi à
la fin du 13e siècle, fruits d'enlisement
sablonneux, d'affaisements géologiques devinrent
inutilisables,Bagan oublia très vite cette existence
portuaire et cette primauté économique et
commerciale dans le royaume. Nous n'avons pas
d'évaluation précise de la population,
seulement une extrapolation rendue possible par une
stèle parlant d'un déplacement de Shin arahan;
il y aurait eu une Sangha (la communauté
bouddhiste) de plus de 40 000 personnes, ce qui
permet d'imaginer plusieurs centaines de milliers
d'habitants. Un chiffre énorme, parmi
lesquels outre l'aristocratie, les citoyens organisés
par corporations, les forgerons, les potiers, les
maçons etc... mais aussi beaucoup d'esclaves,
car et cela est moins connu la société de
Bagan à cette époque était une
société esclavagiste -certes il est
difficile de la comparer avec d'autres
sociétés esclavagistes, mais ces esclaves
appartenaient bien à tel ou tel seigneur,
étaient vendus, achetés ou
hérités...Ainsi on peut savoir que la vie
économique était basée sur la
riziculture, le travail des esclaves, et les échanges
commerciaux intérieurs. |
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L'ABANDON
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En fait les causes sont plus pragmatiques et plus économiques. La montée en puissance de la religion à Bagan en était arrivé à des investissements dans tout ce qui était religieux, pharamineux. On sait que la moitié des terres (et les esclaves qui les travaillaient) était passée aux mains de la Sangha. La plupart des richesses produites étaient réinvesti dans tout ce qui était religieux. Les derniers rois n'avaient même plus de quoi entretenir une armée. En même temps les Shan avaient repris la Birmanie centrale, les Mons, le Sud. Dans l'Asie du Sud Est le 13e siècle est un siècle de déstabilisation des principales routes commerciales dont avait justement profité le royaume de Bagan... Toutes ces raisons ont fait que petit à petit Bagan a perdu toute sa prééminence économique, politique et militaire. Le fait est là, à partir du 14e siècle Bagan est redevenu un petit village qui a survécu en autarcie à l'usure des siècles en voyant se dégrader tous ses beaux monuments. Mais depuis une vingtaine d'années, l'ouverture au tourisme est venu rappeller au monde la magnificence et l'importance qu'avait eu Bagan au Moyen age. Simplement quel dommage que la restauration entreprise, soit plus une reconstruction de Bagan qu'une mise en valeur du patrimoine... Mais ne s'agit-il pas encore d'un travail de mérite des puissants ??? |
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